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Seul en scène, Hervé Guerrisi jongle
avec les mots et l’imaginaire. Un soldat chinois, un déluge, une grotte, une
tigresse. Ce sont les points de départ d’un récit haut en couleurs et en
rebondissements. Notre héros, tantôt conteur, tantôt dans le vif de l’action
nous fait revivre sa vie de soldat qui descend des confins de la Mandchourie
pour entamer la Longue Marche.
Outre la performance remarquable de
l’acteur, qui endosse une trentaine de rôles, la particularité du spectacle est
aussi son interactivité. Après la première partie, les spectateurs choisissent
ce qui leur sera conté ensuite. Renouant avec la tradition médiévale populaire,
le conteur s’adresse au public et lui propose de choisir l’histoire qu’il veut
entendre. Ainsi faisait le bouffon qui au Moyen Âge parcourait le pays et
adaptait ses histoires au fil du chemin et des rencontres. Les spectateurs
veulent-ils l’histoire de Dédale et Icare, ou préfèrent-ils celle du Sacrifice
d’Isaac ? Laquelle de ces possibilités, toutes deux racontées avec un ton
humoristique emprunt de gravité et de vérités, saura remporter les suffrages du
public ?
Véritable performance que d’incarner une trentaine de personnages, le jeu
de l’acteur est axé sur l’expression corporelle. La dimension gestuelle est
appuyée et orchestrée par Jean-Louis Danvoye.
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