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Nées d’un père disparu dans la nature et d’une mère maniaco-dépressive,
petites-filles de grands-parents toxicomanes, le destin n’avait pas placé
Ludivine et Hélène sur le chemin fleuri de l’épanouissement sans effort.
Arrivées à l’adolescence, elles décidèrent, chacune de son côté, de prendre
leurs distances vis-à-vis de cette famille à laquelle le malheur semblait
s’accrocher comme une sangsue. Cette décision, il faut bien le dire, fut
grandement facilitée par le fait que Monique, leur mère bipolaire, les jette
définitivement dehors lors d’un de ses délires psychotiques. Les trois années
qui suivirent, elles ne l’avaient pas revue et ne s’étaient pas revues. Elles
avaient continué leur petit bonhomme de chemin.
Aujourd’hui, Ludivine, l’aînée, est
professeur de Français. Hélène, la cadette, quant à elle, est un peu ingé son,
un peu régisseur au théâtre, et joue un peu de djembé. Notre histoire commence
ici. Ce matin. Ce matin même où elles apprennent que leur mère s’en est allée
au paradis des maniaco-dépressifs. Les deux sœurs vont être amenées à se revoir
pour régler les formalités. L’enterrement, les histoires de notaire, les
déclarations diverses.
La mort, en soi, ce n’est pas drôle. Mais quand on y ajoute les
drames familiaux, les séparations, les pertes de repères, la maladie mentale et
le sentiment d’une destinée vouée à l’échec, ça devient vite très
rigolo.. |
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